Faut-il traduire les prénoms
et les noms de lieux ?
Saviez-vous que même les noms propres font l’objet de nombreux questionnements en traduction ? La réponse semble évidente, mais elle ne l’est pas en réalité.
Imaginez devoir traduire un roman de l’italien vers le français. Que faire des prénoms tels que Giacomo, Giovanna, Fernando, ou même d’un simple « Maria » ? Que faire des noms de ville : Milano, Bergamo, Padova… ? Tous ont des équivalents francophones, mais quand est-ce que l’on doit les franciser et pourquoi ?
Peut-on traduire les prénoms et les noms propres ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important de comprendre ce que l’on entend par « noms propres ». Ils désignent des éléments uniques, distincts des noms communs notamment par leur majuscule initiale.
En règle générale, les noms propres ne sont pas traduits. Mais comme toute règle linguistique, elle connaît des exceptions — et c’est précisément ce qu’il faut maîtriser.
La traduction des prénoms : entre adaptation et fidélité
Les prénoms sont généralement considérés comme des entités uniques. Nathan en anglais restera Nathan en français, Louise en français demeurera Louise en anglais. Mais deux grandes catégories d’exceptions méritent attention.
Dans quels cas les prénoms sont-ils traduits ?
Guillaume Tell à travers les langues
Dans les textes historiques et religieux, les prénoms sont traditionnellement adaptés. Dans la Bible, John est devenu Jean, Matthew est devenu Matthieu, The Virgin Mary est devenue la Vierge Marie. Ces équivalences sont reconnues dans l’histoire et n’ont jamais été remises en question.
Littérature et fiction : le choix éditorial prime
Tous les prénoms sont restés en italien dans la version française. Les traduire enlèverait tout son sens au roman, ancré dans l’identité napolitaine de ses personnages.
Aucun des prénoms n’a été traduit dans la version anglaise. Le titre lui-même n’a fait l’objet d’aucune adaptation — il est resté intact, reconnaissable universellement.
Avec la mondialisation, la tendance est à la conservation des prénoms d’origine. Modifier un prénom peut être perçu comme une altération de l’identité. Dans un contexte professionnel — notamment en Suisse — il est fortement recommandé de laisser le prénom tel qu’il est.
La traduction des noms de lieux : règles et exceptions
Contrairement aux prénoms, les noms de lieux sont plus fréquemment traduits. Mais là encore, tout dépend du contexte.
Exonymes et endonymes : comprendre les différences
Le nom utilisé dans la langue du lieu lui-même — la forme d’origine, celle qu’emploient les habitants.
Le nom utilisé dans une autre langue — la forme adaptée pour un public étranger.
Comment choisir : conserver ou adapter ?
Quel est le type de document ?
La stratégie de traduction varie selon qu’il s’agit d’un contrat, d’un roman ou d’un texte touristique.
Quel est le public cible ?
Un lecteur francophone s’attendra à lire « Pékin » et non « Beijing » dans un rapport officiel.
Quel est le niveau de formalité ?
Plus le document est formel, plus il convient d’utiliser les formes officielles reconnues dans la langue cible.
Modifier un prénom peut être perçu comme une altération de l’identité. Dans un contexte professionnel, notamment en Suisse, il est fortement recommandé de laisser le prénom tel qu’il est.
Bonne pratique en traduction professionnelleTraduire les noms propres en Suisse : un enjeu particulier
La Suisse constitue un cas unique en matière de traduction. Avec ses quatre langues nationales, bon nombre de communes possèdent au moins un équivalent dans une autre langue nationale. L’emploi de ces équivalences est usuel dans les communications officielles — et même attendu.
| Allemand | Français | Italien | Romanche |
|---|---|---|---|
| Basel | Bâle | Basilea | Basilea |
| Bern | Berne | Berna | Berna |
| Schaffhausen | Schaffhouse | Sciaffusa | Schaffusa |
Ne pas utiliser les équivalences suisses appropriées peut être perçu comme un manque de considération pour le public cible. En Suisse, l’attachement aux langues nationales est fort — la diversité linguistique est l’un des marqueurs de l’identité helvétique.
Références bibliographiques
- endonyme. (2023). GDT. vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca
- exonyme. (2023). GDT. vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca
- Guillaume Tell. (2026). fr.wikipedia.org
- nom propre. (2022). GDT. vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca
- Noms de communes dont la traduction est usuelle. Office fédéral de la statistique (OFS). bfs.admin.ch
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