Comment bien traduire les expressions idiomatiques ?
Par Sabrina ° Février 2026
« It’s raining cats and dogs » littéralement : « Il pleut des chiens et chats ». Littéral, certes, correct… ? Certainement pas.
Traduire d’une langue vers une autre, ce n’est pas simplement remplacer les mots d’une langue source par ceux d’une langue cible. Les langues sont riches, complexes et surtout, elles foisonnent d’expressions figées.

Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi les expressions idiomatiques sont difficiles à traduire, quelles sont les stratégies utilisées par les professionnels pour les transposer d’une langue à une autre, quelles sont les erreurs à éviter pour s’adapter au public cible et garantir la crédibilité du texte.
Pourquoi les expressions idiomatiques sont-elles problématiques en traduction ?
Définition et rôle des expressions idiomatiques dans une langue
Une expression idiomatique, aussi appelée expression ou locution « figée », est une combinaison de mots qu’on ne peut pas modifier et dont le sens découle de l’ensemble des mots dans sa globalité, et non pas de chaque mot pris individuellement.
À retenir
- Sens global ≠ Somme des mots
- Inhérent à la culture locale
- Intraduisible mot à mot
Par exemple, « il pleut des cordes » ne signifie pas que des cordes tombent du ciel, mais simplement qu’il pleut beaucoup. Ainsi, les expressions se distinguent des phrases ordinaires, car leur sens est figuré, ce qui les rend difficiles à traduire et à interpréter si l’on ne connaît pas de manière approfondie le contexte culturel d’origine. Elles sont en particulier très déconcertantes pour toute personne apprenant une langue étrangère.
Les expressions idiomatiques sont là pour donner un peu de couleur locale au texte (ou au discours) et sont une manière d’ajouter de la variété et de la richesse au langage. Elles permettent aussi de présenter de manière concise et imagée un concept qui demanderait une longue explication. Ainsi, l’expression anglaise « spill the beans », qui signifie « révéler un secret » et non pas « renverser les haricots », est plus percutante et plus imagée que sa traduction en français.
La difficulté dans la traduction des expressions idiomatiques réside justement dans le fait qu’elles sont propres à une culture et qu’il n’existe pas forcément d’équivalent dans la langue cible. Explorons maintenant quelques stratégies pour les traduire.
Les principales stratégies pour traduire une expression idiomatique
Tout bon traducteur connaît les célèbres « procédés de traductions » de Vinay et Darbelnet (1970), qui sont les différentes stratégies auxquelles un traducteur a recours pour… traduire, tout simplement.
Ces procédés étaient au départ au nombre de sept, puis n’ont cessé d’augmenter au fil des ans. On peut être adepte ou détracteur de ces méthodes, il n’empêche qu’elles offrent une bonne base de départ pour comprendre comment fonctionne le processus de traduction. Nous n’allons pas toutes les citer ici, mais une nous intéresse particulièrement dans la traduction des expressions, à savoir l’équivalence.
Trouver un équivalent idiomatique dans la langue cible
Les expressions figées ont souvent un équivalent dans la langue cible, c’est-à-dire une expression qui veut dire exactement la même chose, sans forcément utiliser la même image. Dans les cas les plus simples, il est possible d’avoir recours à la traduction littérale, par exemple, pour « the walls have ears » nous avons un équivalent direct en français, qui est : « Les murs ont des oreilles ».
Il ne faut toutefois pas s’habituer à cette facilité, car elle est rare. Dans la majeure partie des cas, il faut y passer un peu plus de temps. On ne pourra par exemple par reproduire ce schéma avec « when pigs fly » qui se traduirait littéralement par « quand les cochons voleront », mais dont l’équivalent français est « quand les poules auront des dents », expression que l’on utilise souvent de manière ironique pour exprimer l’idée de quelque chose qui ne se produira jamais. Là encore, l’expression est figée et ne se retrouve pas telle quelle dans les autres langues. Les Espagnols diront « quand les grenouilles auront des poils » et nos voisins Suisses-Allemands « quand les poissons apprendront à voler ».

Un autre exemple intéressant est l’expression italienne « Essere tutto fumo e niente arrosto », qui mot à mot signifie « être que fumée, sans rôti » mais que l’on traduira en français par « c’est du vent » ou encore « brasser de l’air », en d’autres termes, c’est lorsque les actions ne suivent pas les mots.
Vous l’aurez compris, trouver le bon équivalent en français n’est pas une mince affaire ! Mais que faire lorsqu’une expression existe dans une langue et pas du tout dans une autre ? Penchons-nous là-dessus immédiatement.
Reformuler quand il n’existe pas d’équivalent
En raison des différences culturelles et linguistiques entre les langues, il est possible qu’il n’existe aucun équivalent direct dans la langue cible. Dans ces cas-là, le traducteur doit quand même être capable de rendre l’idée véhiculée par l’expression.
L’une des méthodes classiques consiste à reformuler l’expression idiomatique de manière descriptive, ce qui veut dire que l’on va expliquer le sens de l’expression en reformulant dans la langue cible. Par exemple, pour se souhaiter « bonne chance », nos voisins italiens disent « in boca al lupo », littéralement « dans la gueule du loup », alors que nos amis anglais parlent de « casser une jambe » (break a leg) et en français, nous disons… bonne chance, tout simplement, car en français, nous n’avons pas d’expression figée qui signifie la même chose. Cet exemple nous montre qu’au lieu de traduire littéralement une tournure qui n’aurait aucun sens pour le lecteur cible, le traducteur va rendre le sens global de l’expression à travers une locution qui est tout à fait naturelle dans la langue cible. Cette méthode permet de garder le sens de l’expression, même si l’image se perd.
Dans d’autres cas, il faudra reformuler davantage. À notre ère très numérique, une expression anglaise, dont la « Gen Z » est tout à fait adepte, a fait son apparition : « to ghost someone ». Celle-ci s’utilise quasiment telle quelle en français, car il est courant de dire que quelqu’un nous a « ghosté ». Toutefois, on ne peut pas partir du principe que tout le monde peut la comprendre, alors, selon les contextes, il faudra en expliquer le sens. Prenons la phrase suivante comme exemple :
- « We had our third date on Saturday. Since then he ghosted me. »
Nous pourrions traduire cette phrase de deux façons, soit en partant du principe que le public cible comprendra l’expression et simplement écrire « samedi, on a eu notre troisième rendez-vous et, depuis, il m’a ghosté », soit en se disant que notre public risque de ne pas comprendre et paraphraser : « Samedi, on a eu notre troisième rendez-vous et, depuis, il a arrêté de répondre à mes messages ». La bonne méthode dépend donc du destinataire de notre message.
Les erreurs courantes à éviter lors de la traduction d’expressions idiomatiques
Traduire des expressions idiomatiques est une tâche délicate, car certaines erreurs peuvent non seulement altérer le sens dans le texte cible, mais aussi nuire à sa compréhension et à la crédibilité de son auteur. L’erreur principale à éviter est la traduction littérale, que l’on appelle aussi « traduction mot à mot », qui consiste à transposer chaque mot de la langue source en langue cible, sans tenir compte du fait qu’il s’agit d’une expression figée et que le sens provient non pas de chaque mot pris individuellement, mais de l’ensemble du segment. Prenons l’exemple de l’expression anglaise « it’s raining cats and dogs ». Traduite mot à mot, on arrive à « il pleut des chats et des chiens », ce qui est absurde pour un lectorat francophone. On préférera ainsi utiliser l’équivalent francophone, à savoir « il pleut des cordes » ou « il pleut à verse », qui restitue l’intensité de la pluie sans reprendre l’image originale. Cet exemple nous montre que ce type de traduction risque de produire des résultats incohérents ou dépourvus de sens dans la langue cible.
Il faut également garder en tête que les expressions figées sont souvent utilisées dans le langage courant ou familier. Par conséquent, si on traduit pour un contexte professionnel, il faut être certain que les expressions soient adaptées au contexte pour lequel on traduit et que le registre utilisé est celui qui convient. Les expressions trop familières sont donc à bannir si l’on veut être crédible. Ainsi, dans un contexte professionnel, on ne va pas opter pour « avoir d’autres chats à fouetter », mais plutôt expliquer que l’on a « d’autres priorités ».
Pourquoi faire appel à un traducteur professionnel pour traduire les expressions idiomatiques
Nous l’avons vu, traduire des expressions n’est pas simple. On ne peut pas faire du mot à mot, au risque de faire un contresens. Il est donc nécessaire de savoir interpréter et de reformuler afin de pouvoir rendre correctement le sens en langue cible. La personne la plus apte à vous aider est un traducteur professionnel, car il s’agit d’un expert de la langue (source et cible !), ce qui en fait la personne idéale pour transposer les expressions idiomatiques correctement. Le traducteur saura rendre le sens d’origine et assurera un rendu de qualité, ce qui contribuera à renforcer votre crédibilité et vous permettra d’accéder à de nouveaux marchés.
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